Notre Vision

Exprimer ses besoins plutôt que de revendiquer son appartenance à une catégorie.

Quand nous parlons de diversité cognitive, nous avons tendance à parler de profils atypiques en les catégorisant : hauts potentiels, autistes, hypersensibles… En les catégorisant, on enferme ces personnes dans une case. Au sein de l’association, nous pensons qu’il est préférable de percevoir chaque individu comme une personne ayant ses propres besoins.

Avez-vous déjà remarqué à quel point l’être humain aime paraître différent ? Il suffit d’observer autour de soi pour entendre des personnes clamer fièrement qu’elles ne sont ou ne font pas comme les autres. Et pourtant, derrière cette harangue à être différent ou à faire de manière différente, la société, que nous composons par ailleurs, aime à nous assimiler sous une même identité, constituant une sorte de masse d’individus… plutôt rassemblée !

Au Collectif Atypique, nous partons du principe que raisonner au niveau des besoins de chacun apporte plusieurs avantages :

  • Raisonner en termes de solutions et non plus en termes de problèmes.
  • Éviter les échanges d’opinions interminables.
  • Se mettre à la place de l’individu concerné et d’être ainsi plus à l’écoute de ses besoins spécifiques.
  • Développer et favoriser un système d’inclusion pérenne.

Plutôt que de chercher à catégoriser un individu, on peut se demander simplement quels sont ses besoins.

Par effet de halo, en cataloguant une personne dans un type de profil, on aura souvent tendance à lui attribuer toutes les caractéristiques connues, positives ou négatives, dudit profil, autrement dit, à tomber dans le préjugé.

De son côté, l’individu, en exprimant ses besoins, n’a plus besoin de raisonner en terme d’appartenance à une catégorie. Il est une personne à part entière et donc unique, et ne se revendiquera plus appartenant à une catégorie.

Le profil atypique peut se poser la question de savoir s’il doit dévoiler ou non son profil singulier. Plutôt que de raisonner de façon binaire on peut élargir la question: Ai-je besoin de dire au monde mon attribut pour que les autres comprennent qui je suis ? Ont-ils besoin de savoir que je suis atypique pour apprendre à me connaitre, pour comprendre comment je fonctionne ?

Dès lors que nous exprimons nos besoins, il n’est plus essentiel de savoir si nous appartenons à telle ou telle catégorie.

L’essentiel sera de savoir déterminer quels sont nos besoins et de quoi avons-nous besoin pour y répondre.

Sortir de la logique d’appartenance à une catégorie permet simplement de sortir de la confrontation d’opinions ou des affirmations erronées : « les personnes autistes sont comme ça… ». On ne cherchera plus à savoir si les caractéristiques communes d’une catégorie sont celles-ci ou celles-là, mais à comprendre les besoins réels de l’individu.

Lorsque le profil atypique exprime ses besoins sans vanité ou complexité, il devient difficile de les remettre en question.

Est-il plus important de savoir que telle personne est autiste et de calquer un ensemble de caractéristiques génériques sur sa personnalité ou de connaitre ses modes de fonctionnement, d’apprentissage, de mémorisation ou sa sensibilité ?

En s’efforçant d’appréhender la singularité de chacun, on pourra ainsi éviter de tomber dans le biais de confirmation où on interprétera l’ensemble des comportements de la personne d’après le prisme des caractéristiques génériques de telle ou telle catégorie.

Les notions sur les profils atypiques peuvent être difficiles à appréhender pour une personne n’étant pas sensibilisée au sujet.

Quelle que soit la catégorie à laquelle un individu appartient, la personne concernée ne partage pas toutes les caractéristiques à la lettre d’un profil et surtout, elle a également sa personnalité, son vécu et son propre environnement.

En évitant de catégoriser chaque personne, on ne les identifiera plus à un profil type et l’on pourra raisonner et agir en fonction de ses besoins réels et développer un système d’inclusion pertinent.

Il existe trois prérequis pour cela :

  • Former et sensibiliser largement à la logique des besoins et adaptations.
  • Développer une culture basée sur la diversité.
  • Instaurer un art du dialogue où chacun peut aisément exprimer ses besoins.

Il n’est ainsi plus question de raisonner en termes de différence mais en termes de singularité de chacun. Aussi, il est important de capitaliser sur la complémentarité et sur la diversité des profils cognitifs. C’est en incitant chaque personne à réfléchir sur son mode de fonctionnement et à exprimer ses propres besoins que l’on pourra sortir de la logique de catégorisation.

Bien évidemment les parcours diagnostiques et les démarches de bilan psychométriques permettent à la personne de comprendre ses modes de fonctionnement. Mais c’est avant tout sa singularité que l’on mettra en avant plutôt que son diagnostic ou ses résultats de bilan. Ces éléments relèvent du secret médical et de l’intime, ils ne devraient en aucun cas être des faire-valoir ou des moyens de se valoriser.

C’est en apprenant nos modes de fonctionnement que nous pouvons en déduire nos besoins. Plutôt que de se fixer sur une différence quelconque, on peut réfléchir à ses besoins en gardant à l’esprit que nous sommes tous des êtres singuliers.

Comprendre que nous avons des besoins différents, c’est faire un premier pas vers l’inclusion en admettant que la personne n’appartient pas à telle ou telle catégorie mais qu’en tant qu’être humain elle a ses propres besoins et qu’elle est singulière.

Lorsqu’une personne peut parler de ses besoins, il n’est plus nécessaire de la catégoriser et de la comparer de manière hasardeuse. On accepte que chaque personne, avec ses besoins, ses forces et son regard sur le monde, soit en mesure de développer son plein potentiel et puisse enfin s’épanouir, se réaliser pleinement et trouver sa place dans la société.

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